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Aperçu historique de Hamid Gheroufella
La richesse du patrimoine historique de ces pimpantes
localités qui forment la banlieue et les hauteurs d’Alger, pourrait
faire l’objet d’une étude approfondie qui contribuera à la
dissipation de plusieurs points ambigus et qui restent à nos jours
le maillon perdu de la grande Histoire de l’Algérie. Leur résolution
mettra en
lumière certains points inexplorés de l'Histoire.
L’héritage historique dont Birkhadem a héritié est
important. Elle est assez importante pour ne pas être dévoilée
aux yeux des adeptes de l’histoire. Ce qui est aujourd’hui occulté,
ne le sera pas forcément demain. Le jour viendra où toute la vérité
sur son histoire sera étalée et connue de tout le monde.
Les historiens érudits, seuls, savent comment fut autrefois
la perle des Fahs d’Alger...
Birkhadem; de Bir signifiant «puits» et Khadem signifiant «servante».
En traduisant littéralement, nous obtenons «puits de la servante».
Néanmoins, à leur arrivée, les Français ont commis un lapsus
traduisant le nom de Birkhadem par «puits de la négresse». Le rang
social a été substitué par l’origine et la couleur de peau de cette
femme.
L’histoire relate qu’à l’époque Turque, probablement à la
fin du XVIIe siècle, une servante, noire de peau (d’où la référence
de la traduction Française), se tenait près d’un puits et offrait
aux passants, voyageurs, explorateurs, une délicieuse eau qui leur
permettait d’étancher leur soif.
Les avis sont partagés concernant l’emplacement exact du
puits. Pours certains, il se trouvait à l’entrée du village, sur
votre droite, en provenant d’Alger, près de la propriété du Cheikh
El Bled (proche du centre féminin). Pour d’autres, le puits est
celui qui se trouve aujourd’hui en face de la fontaine de la mosquée.
Parmi les gouverneurs Turcs, celui qui a le plus marqué
Birkhadem, fut Hassan Pacha (le 20e Dey d’Alger). En plus
de son Djnane (villa et verger) à la sortie ouest du village, et son
Haouch (ferme) près de l’actuelle Baba Ali, il fît édifier une
splendide fontaine en 1797 qui surclassa celles de Bir Mourad Raïs
et de Tixeraïne. Aujourd'hui, cette fontaine orne la devanture de la
mosquée. Elle éternise à jamais le nom d’Hassan Pacha.
Durant le règne turc, Birkhadem, à l’instar des autres
régions du Fahs d’Alger, était un ensemble de féériques vergers où
s’éparpillaient de splendides villas mauresques. À titre indicatif,
et non exhaustif, on peut citer les suivantes :
-
Djnane Caid el Bab (littéralement, Jardin du patron de la
porte), détenue par le préfet d’Alger
-
Djnane Ben Negro détenue par le Chef de la province
-
Djnane Cheikh el Bab détenue par le Patron de la ville d’El
Djazaïr (le maire)
-
Djnane Bensiam détenue par une famille notable et membre du
divan
-
Djnane Khaznadat détenue par le Trésorier du Dey
La localisation (sur l’axe routier Alger – Blida), la
fertilité de ses terres, l’abondance de l’eau, et la proximité à la
Capitale, font du village de Birkhadem l’un des lieux les plus
prisés par les colons Français. Les autorités Français ont
d’ailleurs consenti des efforts conséquents pour permettre un
développement rapide et harmonieux du village.
En avril 1835, par décret du maréchal Clauzel, Birkhadem
est incluse parmi les 14 communes rurales de l’Algérois. La ruée sur
ses terres, d’immigrants minorquins, les maitres incontestés de
l’art maraicher et arboriculteurs a permis au village de palper un
essor
certain économique. Ceci amènera l’administration coloniale, le 31
décembre 1856, à l’élever au rang de commune de plein exercice par
décret impérial de Napoléon III.
Par Hamid Gheroufella, historien
passionné.
26 mars 2008 |